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Recherche médicale

Les tumeurs cérébrales

Les tumeurs cérébrales se développent à partir des cellules du cerveau ou de ses enveloppes (appelées méninges). Les tumeurs cérébrales englobent des dizaines de maladies différentes. Certaines sont bénignes, et dans ce cas on proposera le plus souvent une ablation chirurgicale. D’autres sont des maladies beaucoup plus agressives, souvent difficiles à traiter malgré des progrès thérapeutiques indiscutables. Dans ce cas, une prise en charge pluridisciplinaire en milieu spécialisé est indispensable. Le choix et la séquence des traitements (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie) seront alors définis en fonction d’un diagnostic précis, des caractéristiques des tumeurs et bien sûr de l’histoire médicale du patient.

Quelles sont les manifestations des tumeurs cérébrales ? 

Les manifestations cliniques des tumeurs cérébrales sont extrêmement variables. De manière schématique, on distingue trois grandes catégories de symptômes et de signes.

1) Hypertension intracrânienne : Lorsqu’une tumeur cérébrale se développe dans le cerveau, elle prend de la place. Comme le cerveau est entouré des os du crâne qui sont indéformables, la croissance de la tumeur entraîne une augmentation de la pression dans le cerveau. Cette augmentation de pression se manifeste par des maux de tête, parfois très importants, des vomissements, souvent en jets, et parfois des troubles de la vision.

2) Epilepsies : Une tumeur qui se développe au sein des cellules du cerveau perturbe les réseaux de communication entre ces cellules. Il peut en découler une sorte de « court-circuit » déclenchant une crise d’épilepsie. Les crises d’épilepsie les plus connues et les plus impressionnantes se manifestent par une perte de connaissance subite, accompagnée de mouvements incontrôlés saccadés, la plupart du temps sur la moitié du corps. Le patient peut également ne plus contrôler ses urines et ses selles, se mordre la langue ou présenter une respiration très bruyante. A la suite de cette crise, le patient doit récupérer et il entre alors dans un sommeil très profond. Les crises sont très impressionnantes mais exceptionnellement dangereuses.

Les tumeurs peuvent se développer dans n’importe quel endroit du cerveau et donc déclencher des courts-circuits dans des localisations différentes. En fonction du site de développement de la tumeur, les manifestations épileptiques peuvent donc être très variables. Il peut s’agir de mouvements incontrôlés limités à une partie du corps, sans perte de connaissance, des sensations transitoires d’endormissement de la moitié du corps, des crises de panique ou encore des douleurs abdominales.

3) Troubles fonctionnels : Le cerveau dirige l’ensemble de nos fonctions, qu’elles soient motrices, intellectuelles ou comportementales. En fonction de l’endroit où elle se développe, la tumeur cérébrale peut donc entraîner des dysfonctionnements qui peuvent prendre des formes extrêmement variées : difficultés à la marche, difficultés d’utiliser un bras ou une main, déformation du visage, troubles de la sensibilité, troubles de la marche, mais aussi difficultés à s’exprimer, à calculer, à écrire, ou encore dépression, troubles du comportement ou de la mémoire.

Les voies de recherche ou les pistes de l’espoir

Les traitements actuels reposent principalement sur la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie, principalement sous forme de comprimés. D’intenses recherches sont cependant en cours dans le monde entier, afin de mieux comprendre comment une tumeur cérébrale peut se développer et ainsi tenter de développer des nouvelles stratégies de traitement.

En voici quelques exemples :

* Anti-angiogenèse : à partir d’une certaine taille, probablement quelques millimètres seulement, la tumeur doit créer ses propres vaisseaux sanguins afin d’assurer son alimentation et sa croissance. Les mécanismes permettant la fabrication de ces nouveaux vaisseaux sont de mieux en mieux élucidés, permettant l’élaboration de nouveaux médicaments. Un médicament anti-angiogenèse est déjà utilisé régulièrement, principalement en cas de rechute. Plusieurs autres médicaments sont en cours de développement et certains devraient être disponibles dans les années à venir.

* Immunothérapie : il n’y a plus aucun doute que notre système de défense, appelé système immunitaire, tente de nous protéger contre le développement et la croissance des tumeurs. Des travaux récents montrent que ces mécanismes sont également opérationnels contre les tumeurs se développant dans le cerveau. Les immunothérapies consistent donc à exploiter ces propriétés naturelles à des fins thérapeutiques. Plusieurs stratégies sont en cours de développement, soit sous forme de vaccins dits thérapeutiques (c’est-à-dire destinés aux patients souffrant de ces affections tumorales), soit sous forme de thérapie cellulaire qui consiste à injecter aux patients des lymphocytes (globules blancs) capables de reconnaître les cellules tumorales et de les détruire.

* Limiter l’invasion du cerveau : une des particularités biologiques des cellules des tumeurs cérébrales est leur capacité à envahir les structures normales du cerveau, elles sont capables de « ramper » le long des neurones et de migrer à plusieurs centimètres de leur origine. Ce phénomène a deux conséquences importantes : il limite l’efficacité des traitements dits locaux, comme la chirurgie et la radiothérapie, et il explique les perturbations fonctionnelles importantes liées aux tumeurs cérébrales. Les recherches menées au cours des 15 dernières années ont permis d’identifier de nombreux mécanismes responsables de ce phénomène d’invasion. Ceci suscite le développement de nombreux médicaments limitant ces phénomènes de migration. Certains sont en cours de développement avancé.